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De Rio à Paris, l'art participatif de JR entre action et échange

JR Women are Heroes Paris/ © Martine Franck (Magnum)

S'il arrive d’attendre les trains sur les quais de la gare de Lyon, jusqu'au 2 novembre, vous pouvez en admirer un sur les quais de l'Ile Saint-Louis. En perpendiculaire, sur le pont Louis-Philippe, de gigantesques yeux noirs scrutent. En parallèle, juste en face de Notre-Dame, l'anamorphose d'une femme africaine s’étire.


Révolutionnaire JR ? Oui mais révolution de velours ou plutôt de papier. Ce train, ces yeux, ce corps sont des photographies de 5 mètres de haut (l’équivalent de trois étages d’échafaudage, nous pouvons en témoigner…) sur plusieurs kilomètres de long qui investissent l’espace urbain : une exposition à ciel ouvert, un "hold-up" artistique...

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The Museum of Everything: un musée d'illustres inconnus qui ne passe pas incognito

Installation, Museum of Everything

En vous promenant dans les rues de Londres, vous vous êtes peut-être interrogés sur ces badges rouges et blancs « I love… EVERYTHING » épinglés à la boutonnière des duffle coats

Ouvert pendant et en partenariat avec la Frieze Art Fair (14-18 octobre 2009), le Museum of Everything a attiré à ce jour plus de 20.000 visiteurs. Le soir du vernissage, les visiteurs étaient accueillis en fanfare. Poussez la porte de ce lieu d'exception, l'entrée est gratuite. De joyeuses retraitées vous accueillent et pour quelques pounds symboliques vous proposent chaleureusement d’acheter ces fameux badges...

Ancienne laiterie, cette maison londonienne a vu défiler les Rolling Stones, Madonna et leurs nombreux fans dans le studio d'enregistrement Mayfair qui avait investi les lieux. Le bâtiment fut ensuite abandonné pendant plusieurs années jusqu’à ce que le jeune producteur et réalisateur de cinéma, James Brett, se décide à le restaurer.

Pour sa première exposition le Museum of Everything présente deux cents peintures, dessins, sculptures et installations d’artistes consacrés aux outsiders...

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Jenny is addicted to LED

Jenny Holzer, Fondation Beyeler 2009

« Je veux beaucoup de choses en même temps: laisser l'art à l'extérieur pour le public, être explicite mais pas didactique, [...] être drôle et ne jamais mentir », explique Jenny Holzer dans le catalogue de l'exposition qui lui est consacré jusqu'au 24 janvier 2010 à la Fondation Beyeler. Ambition tenue.

Beaucoup de citadins connaissent Jenny Holzer sans le savoir. Ces dernières années, ses œuvres ont été projetées sur les façades de plus de trente villes du monde, de Vienne à Rio de Janeiro, en passant par Prague, New York, Londres, Dublin, Oslo ou Singapour. Lauréate du Lion d'Or de la Biennale de Venise en 1990, elle est connue des Parisiens pour son illumination du Louvre à l’occasion des vingt ans de la Pyramide, en 2008...

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Christian Boltanski au Grand Palais : Un cœur en enfer qui jette un froid éphémère

Deux expositions endiablées

L'année 2010 commence sur les chapeaux de roues pour l'artiste français né en 1944 qui représentera la France à la Biennale de Venise en 2011. Deux expositions lui seront consacrées simultanément : Personnes au Grand Palais et Après au MAC/VAL de Vitry-sur-Seine. Dans une interview pour le magazine Art Actuel du mois de janvier-février, Christian Boltanski remarque que « l'inspiration commune [entre ces deux expositions] est très lointaine, elle est à chercher autour de L'Enfer de Dante. Il n'y a pas de relation visuelle ou formelle entre elles. Ce sont deux cercles. Une sorte de suite pour deux projets totalement différents mais qui, en même temps, se répondent. Très sommairement, le Grand Palais est le lieu de mise à mort et le MAC/VAL est celui des limbes. Autour des thèmes (...): le choix de Dieu et le hasard »...

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Matisse et Rodin : vigueur de la couleur et du muscle

Le Musée Rodin a eu la bonne idée de juxtaposer jusqu’au 28 février des dessins et des sculptures d’Auguste Rodin (1840-1917) et d’Henri Matisse (1869-1954), démontrant que ces deux artistes ne sont pas aussi éloignés que l’on pourrait le croire.

Matisse, La Serpentine, Bronze, 1909, coll.musée Matisse de Nice © succession H. Matisse - Photo : F. Fernandez

Rodin, Mouvement de danse F, Plâtre brun, Musée Rodin © musée Rodin - Photo : C. Baraja

Lorsque le XIXe siècle rencontre le XXe siècle

Même s’il « peut paraître étrange au premier abord de confronter Rodin et Matisse – le premier étant une figure de la sculpture du XIXe siècle et le second incarnant le renouvellement du langage pictural du début du XXe siècle –, cette exposition est une occasion de rappeler que Matisse a été sculpteur en même temps que Rodin », explique Nadine Lehni, commissaire de l’exposition...

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Lucian Freud, peintre de la matière et non de la manière

Jean Clair a pu dire du travail de Lucian Freud qu'il "a assimilé la peinture allemande des années 1920, puis la peinture anglaise des années 1930 et, à partir de là, il a fait du Freud. « Quand j'ai organisé une exposition de ses tableaux à Beaubourg, elle a été accueillie par des sarcasmes ! ».
 
Aujourd’hui, il n'est désormais plus question de mépris... le petit-fils du fondateur de la psychanalyse succède au pape de « l'outre noir », Pierre Soulages. Il faut dire qu'il est désormais considéré, depuis la mort de Francis Bacon, comme le plus grand portraitiste vivant et le "maître de la carnation picturale contemporaine".

Lucian Freud, The Benefits Supervisor Sleeping, 1995, huile sur toile, 151,3 x 219cm, Christie’s

 
A rebours des mouvements artistiques contemporains, Lucian Freud a longtemps inscrit sa peinture dans l'isolement de son atelier, dans un corps à corps avec le motif et dans l’observation intense de ses proches... Voilà pour le thème de la deuxième exposition de Beaubourg consacrée à l'artiste, pour laquelle le Centre est parvenu à rassembler 50 tableaux.

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Are you an artist? Because I am an Art Collector...

Ayant fait irruption dans le marché de l'art il y a seulement quelques années, l'Internet est lentement mais sûrement en train de fluidifier le marché de l'art. Certains collectionneurs achètent en direct mais aussi en ligne et à l'autre bout du monde sur Christie's Live. Introduit en 2006, ce site n'a cessé de conquérir de nouveaux usagers en augmentant sa palette de services en ligne (notamment celui des alertes). Au premier semestre de 2009, les enchérisseurs en ligne représentaient déjà 29% du total. En un an, le nombre de consultations de ce site a cru de 300% pour atteindre aujourd'hui celui de 675 000 visiteurs différents par mois.

 
La preuve de cette fluidification est notamment donnée par Artprice.com et Artnet.com. En effet, en plus de proposer un service efficace d'indexation des résultats des ventes aux enchères publiques qui mesure en temps réel et vente après vente la côte des artistes, ces deux sites web ont développé une fonction d’annonces de ventes de gré à gré : amateurs et professionnels sont invités à consulter, artiste par artiste, un catalogue virtuel composé d’œuvres mises en ligne par les marchands d’art, galeristes et antiquaires qui les représentent.

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Henri Cartier-Bresson: un regard anarchiste, imprégné de civilisation

The Museum of Modern Art (MoMA) organise la première rétrospective posthume d’Henri Cartier-Bresson (1908-2004), cofondateur avec Robert Capa, David Seymour ("Chim" pour tout le monde) et George Rodger, de l'agence de presse Magnum en 1947. Il s’agit en réalité de la deuxième exposition « posthume » puisque, pendant la deuxième guerre mondiale, le MoMA, croyant le reporter disparu, avait déjà préparé sa première exposition muséale ! Elle sera suivie en 1968 de Cartier-Bresson, Recent Photographs, puis, en 1987, de Early Works...

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L'art et la nature au Japon

Quel est le point commun entre un musée d'antiquités construit par I.M. Pei niché dans des montagnes boisées, un complexe d'art contemporain créé par Tadao Ando sur une île de la mer intérieure, un musée de sculptures en plein air et un centre d'art contemporain abrité au dernier étage d'un gratte-ciel de Tokyo ? Ils sont tous tournés vers un dialogue entre nature et culture...

Cette focalisation n'est pas nouvelle au Japon, elle est même sa spécificité sur la scène artistique internationale. Cette capacité à combiner de façon parfaitement organisée culture et nature, sans qu’aucune des deux composantes ne soit négligée, est l'une des facettes de la culture japonaise.

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Palais d’hiver pour Claude Monet

Claude Monet a peint sans relâche pendant plus de soixante années, élaborant une œuvre qui incarne peut-être l'expression la plus pure de l'impressionnisme.

Quasiment aveugle à la fin de sa vie, Monet n’a jamais perdu de vue la vérité de la sensation. Depuis la transcription fidèle jusqu’à l’écriture gestuelle, de la série d’images à la décoration murale enveloppante, son œuvre constitue un des fondements de l'art moderne. Car si l’on devine encore la silhouette de la série des cathédrales ou des nymphéas de Giverny, Monet est bien un précurseur de l’abstraction. 

Les deux expositions que lui consacrent actuellement le Grand Palais et le musée Marmottan offre une vision renouvelée et stimulante de l’œuvre de Monet.

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HAPPY NEW YEAR

ArtyParade vous souhaite de très joyeuses fêtes artistiques et se rejouit de vous retrouver en janvier !

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Giacometti vs Picasso : Le Sud et le Nord. La Méditerranée et les Alpes

Alberto Giacometti et Pablo Picasso sont deux références incontournables des salles de ventes. Après le record de 65 millions de livres pour une sculpture de Giacometti, L'Homme qui marche I, Picasso a repris la tête du classement pour une œuvre d'art vendue aux enchères avec une adjudication de 106,4 millions de dollars chez Christie’s New York pour le Nu au plateau de sculpteur qui comme son nom ne l’indique pas est une huile sur toile.

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Le marché de l’art est-il réservé aux initiés ?

L’ouverture de FauveParis, nouvelle maison de vente, censée « libérer les enchères » du carcan élitiste et initié, relance la problématique de l’accès des amateurs au marché de l’art. Une question que se posent les autres salles de vente parisiennes.

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L'art brut: un marché de débranchés

Réaction contre le formalisme de l’expression et contre le platonisme de l’art abstrait international, l’art brut, art informel ou encore « art autre » se signale sur le marché de l’art au milieu des années 1940, à l'occasion d'expositions que la galerie Drouin (Paris) consacre à des artistes marginaux dont les figures tutélaires (qui sont aujourd’hui les mieux cotées) sont Dubuffet et Fautrier.

Les nombreux dessins dont ceux au feutre noir qui correspondent à la période où l’écriture picturale de Dubuffet devient puzzle, se négocient entre 10 000 et 50 000 euros. Après que deux œuvres sur papier se sont envolées 225 000 euros et 316 818 euros chez Sotheby’s (Paris/ Londres) en mai et juin 2009, à New York, Le Mage (encre et collage sur papier) provenant de la galerie Pierre Matisse (New York) a été adjugé 76 682 euros chez Sotheby's, Situation XXXVII (encre et collage sur papier),12 682 euros et Paysage au salut de la fenêtre (encre sur papier), 23 362 euros chez Christie's. Parmi les sculptures monumentales réalisées dans les années 1970-1985 en epoxy/ fibre de verre/ polyurétane, deux ont atteint 504 000 euros chez Sotheby’s (New York) en novembre 2008 et 305 000 euros chez Christie’s (Paris) en décembre 2008. Récemment, dans les ventes de New York (Sotheby's), une petite Arbration II s'est vendue 180 036 euros et une monumentale Clochepoche, 580 725 euros la veille (soit le 11 novembre 2009).

Réalisée entre 1943 et 1945, la série des têtes d’Otages travaillées en haute pâte dans un matériau plastique indéfini, a assuré la célébrité de Jean Fautrier (1898-1964) alors que les tendances informelles s’annoncent dans son œuvre dès 1928 et qu’il revendique (sur Dubuffet) la priorité de l’application en relief de la peinture. Si de telles œuvres sont rares sur le marché et si, d’autre part et d’un point de vue thématique, les natures mortes sont les toiles les moins cotées de sa production dite picturale, des œuvres où la forme est à proprement parler plus « informe » et moins figurative se sont vendues 120 000 euros et 145 000 euros chez Christie’s (Paris) et Sotheby’s (Paris) en mai 2009. Sur les quatorze dessins et aquarelles mis en vente le 3 novembre dernier chez Artcurial (Paris), onze ont été vendus, tous au dessus de leur estimation basse/haute fixée entre 800 et 2 000 euros. Quant aux sculptures en bronze, leur cote se situe autour de 10 000 - 20 000 euros, avec, pour mémoire, un record atteint par une petite tête en étain (1943) appartenant à la série des Otages adjugée 150 000 mille euros chez Artcurial (Paris) en décembre 2005.


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… et dans la biographie de l’artiste

Originaire de la banlieue parisienne, JR fait ses débuts dans le milieu des graffeurs à une époque où il prend l’habitude de laisser son empreinte sur les toits de Paris. Venu à la photographie par hasard, après avoir trouvé dans le métro parisien un appareil photo, fétiche épiphanique, JR commence à réaliser les portraits de ses amis graffeurs. Le coût des tirages le pousse à exploiter les ressources d’un medium ordinaire, la photocopie, collée à même la rue ou le métro. L’économie de moyens, le chromatisme réduit au noir et blanc, contrastent avec les artifices et les couleurs des placards publicitaires qui prolifèrent dans les espaces urbains et péri-urbains où l’artiste a choisi de situer son œuvre.
En 2004, JR se fait connaître en couvrant sans autorisation les murs de la Cité des Bosquets à Montfermeil avec une vingtaine d’affiches grand format représentant les jeunes du quartier...

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Le marché électricité de Jenny Holzer

Dans le sillage de l’art conceptuel post-minimaliste, à l’heure très contemporaine où nombre d’initiatives artistiques sont annexées à cette catégorie, elle-même plus conceptuelle qu’explicite, où se situe l’œuvre de Jenny Holzer représentée en France par la galerie Yvon Lambert (Paris) ? Et à combien se négocie-t-il dans les salles de ventes ? Dix ans après le sacre du Lion d’Or à la Biennale de Venise, au moment où la Fondation Beyeler (Bâle) lui consacre une lumineuse rétrospective, il est temps de faire le point : Fiat lux !

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Monumental Boltanski

Deux ans avant l’ouverture de Monumenta au Grand Palais (13 janvier – 21 février 2010), Christian Boltanski (né en 1944) pensait déjà que « […] dans un lieu comme le Grand Palais, il serait évidemment amusant de le vider entièrement et de n'y présenter qu'un petit magnétophone chevrotant, mais ce ne serait pas très honnête pour les gens qui ont payé l'entrée. Je pense sincèrement qu'il y a un devoir envers le public : celui de ne pas le décevoir ».

Combien ceux des visiteurs qui sont aussi collectionneurs doivent-ils dépenser en salles des ventes pour acquérir une œuvre de l’artiste et n’être pas déçus ?...

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Le choc des Titans : Rodin-Matisse

En 1899, Matisse (1869-1954) acquiert chez Vollard le Buste d’Henri Rochefort, plâtre original de Rodin (1840-1917) dont il tire rapidement deux dessins. En plus d’introduire à la relation entre les œuvres des deux artistes qui ne se rencontrent qu’une fois en 1900 et dont rend compte l’exposition du musée Rodin (Paris, 23 octobre 2009-28 février 2010), cette acquisition pose la délicate question du caractère original des œuvres sculptées (par opposition aux œuvres de reproduction) et de leur prix.

Autrement dit comment lire une notice de catalogue de ventes aux enchères et remporter haut la main une sculpture de Rodin par ci, une sculpture de Matisse par là ?

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Lucian Freud : the Last Figurative ?

Depuis mon divan, j’observe les résultats en ventes aux enchères publiques des œuvres du petit-fils du père de la psychanalyse : Lucian Freud (né en 1922). 

A la veille de l’ouverture de la rétrospective-hommage que lui consacre le Musée national d’art contemporain (10 mars-19 juillet 2010), je me demande combien se vendent les œuvres de celui que l’on considère comme l’un des artistes vivants les plus importants et, à travers elles, si celui-ci est l’un des derniers grands peintres figuratifs.
 

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Ventes aux enchères en ligne ou Comment acheter une RES* bien réelle aux enchères VIRTUELLES (*du latin res, rei, f. : la chose)

6 millions d’objets mis en vente chaque jour sur Internet à travers le monde. L’importance de ce flux et le fait que le réseau Internet puisse être qualifié d’immense salle des ventes extensible et modulable à l’infini, invitent à considérer la question des ventes aux enchères en ligne.

A titre liminaire, il convient de distinguer les ventes aux enchères en lignestricto sensu qui se déroulent dans un espace totalement virtuel, des enchères qui sont portées on line parallèlement à une vente aux enchères qui se déroule en salle. Au même titre que les enchères téléphoniques, ces dernières s’entendent d’un mode de participation aux ventes aux enchères dites classiques.

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Quand les tirages de presse n’ont pas bonne presse en salles des ventes

A l’ère de la photographie numérique, le 4 février dernier, Magnum vendait de gré à gré un ensemble de 200 000 tirages de presse au fonds d’investissement du fondateur et patron de Dell (MSD Capital) pour un montant non communiqué. Assuré à plus de 100 000 millions de dollars, cet exceptionnel fonds patrimonial réunissant plus de 80 signatures dont celles de Cartier-Bresson*, Capa, Erwitt… sur une période allant des années 30 à 1998, a rejoint les archives de l’Université du Texas (Austin) où il restera pendant cinq ans, le temps de la numérisation des clichés.

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Les artistes contemporains japonais à l'épreuve du marteau

Le Cowboy de Murakami

Mercredi 12 mai 2008, Upper East Side, New York. La foule venue assister à la soirée de vente d'Art d'Après-Guerre et Contemporain de Sotheby's s'impatiente. Le lot n°9 de la soirée va être livré aux enchères par l'auctioneer superstar et Chairman of Worldwide Contemporary Art de la maison de ventes à la couleur bleue, Tobias Meyer.

L'œuvre de l'artiste contemporain japonais Takashi Murakami (1962) est très controversée et a fait couler beaucoup d'encre dans les médias les semaines précédant la vente.

Il s'agit d'une figurine de taille humaine en résine époxy représentant un adolescent genre personnage de manga complètement nu, brandissant en guise de lasso une salve de sperme jaillissant de son sexe.

Dans les esprits, toujours les mêmes interrogations. À combien va partir cette incroyable sculpture ? My Lonesome Cowboy, œuvre majeure ou simple coup de Buzz ?

L'artiste nippon, chef de file du mouvement Superflat, ne serait-il pas allé trop loin dans la provocation ? C'est d'ailleurs peut être la question qu'il se pose derrière ses petites lunettes rondes à la Géo Trouvetout, assis au fond de la gigantesque salle des ventes de Sotheby's New York.

Après tout, peu importe. Il a bousculé une fois de plus la société bien pensante. Tant mieux, l'Art c'est aussi fait pour ça !

Le marché va trancher.

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Chers Impressionnistes,

Chers Impressionnistes,

Cette année-là, en 1867, le public ne vous connaissait pas,

dans le ciel passait une musique, l’air d’un opéra de Charles Gounod, Ah ! Lève-toi, soleil !,

un oiseau qu’on appelait le ballon de Nadar, Gaspard Félix Tournachon de son vrai nom.

C’était l’année de l’Exposition universelle. Dans l’angle supérieur droit du tableau de Manet représentant l’événement (Oslo, Nasjonalgalleriet), une montgolfière. A son bord, le photographe, aéronaute et caricaturiste, Nadar.

Quatre ans auparavant, en 1863, Manet scandalisait la critique avec Le Déjeuner sur l’herbe (Paris, Musée d’Orsay). Qualifié d’ « indécent » par Napoléon III, le tableau est exposé en marge du Salon officiel dans ce qui deviendra, en conséquence, le Salon des Refusés. Du même coup, le cadre du marché de l’art commence à se déplacer : début de la fin de la superstructure étatique et du passage obligé pour décrocher commandes publiques et clientèle...

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Giacometti ou l’homme qui marche au sommet de la côte

Au moment où l’exposition de la Pinacothèque de Paris tentait d’imposer l’idée aussi imagée qu’imaginaire selon laquelle Alberto Giacometti serait un descendant des Etrusques, la Cour de Cassation de Paris rendait le 1er décembre 2011 un arrêt sans précédent à la défaveur du demandeur : la Fondation Giacometti. En l’espèce, il fut jugé que les matrices (plaques servant à l’impression des estampes) de l’artiste ne peuvent recevoir la qualification juridique d’œuvres d’art. En conséquence, elles sortent de l’assiette des droits moraux (droit au nom, droit au respect de l’oeuvre, droit de divulgation) et patrimoniaux (droit de suite) de ses héritiers. Autrement dit, leur marché est libéralisé. Or, quand on sait que depuis plusieurs décennies, sculptures et toiles du Maître sont le gage d’enchères multimillionnaires, on comprend l’intérêt qu’avait la Fondation Giacometti à revendiquer pour les matrices la qualité d’œuvre d’art. Retour en salles des ventes pour un rappel des faits. Très hauts.

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Giacometti ou l’homme qui marche au sommet de la côte

Au moment où l’exposition de la Pinacothèque de Paris tentait d’imposer l’idée aussi imagée qu’imaginaire selon laquelle Alberto Giacometti serait un descendant des Etrusques, la Cour de Cassation de Paris rendait le 1er décembre 2011 un arrêt sans précédent à la défaveur du demandeur : la Fondation Giacometti. En l’espèce, il fut jugé que les matrices (plaques servant à l’impression des estampes) de l’artiste ne peuvent recevoir la qualification juridique d’œuvres d’art. En conséquence, elles sortent de l’assiette des droits moraux (droit au nom, droit au respect de l’oeuvre, droit de divulgation) et patrimoniaux (droit de suite) de ses héritiers. Autrement dit, leur marché est libéralisé. Or, quand on sait que depuis plusieurs décennies, sculptures et toiles du Maître sont le gage d’enchères multimillionnaires, on comprend l’intérêt qu’avait la Fondation Giacometti à revendiquer pour les matrices la qualité d’œuvre d’art. Retour en salles des ventes pour un rappel des faits. Très hauts.

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Everyone can go to the Museum of Everything but not everything can go into museums’ collections*

La collection de ce nouveau musée donne à penser qu'il est facile de collecter l'art lorsque l'on est une institution muséale. Que nenni !

Est une collection au sens du Décret n°93-124 du 29 janvier 1993 relatif aux biens culturels soumis à certaines restrictions de circulation tout ensemble d’objets, d’œuvres, de documents dont les éléments ne peuvent être dissociés sans porter atteinte à sa cohérence et dont la valeur est supérieure à la somme des valeurs individuelles des éléments qui la composent. Il faut encore que l'ensemble offre un intérêt du point de vue de l’art, de l’histoire, de l’histoire de l’art, des civilisations ou des sciences et techniques.

Les collections privées ont par nature vocation à intégrer les collections publiques des musées. L'intérêt étant qu’une fois incorporés, les éléments de la collection deviennent inaliénables, imprescriptibles et sont frappés d'une interdiction de quitter le territoire français. L'intérêt pour le particulier qui les cède à l’acquéreur public, outre la satisfaction d'avoir contribué à l’intérêt général, est soit la réalisation d'une économie d'impôt (selon que l'acquisition procède d'un achat simple, d'une préemption, d'une dépossession au profit de l'Etat, d'une libéralité, d'une dation en paiement...) soit la garantie d'offrir aux œuvres une bonne conservation.

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JR, un artiste monumental

Murs publics, œuvre privée ?
L’œuvre de JR est singulière, au strict plan juridique. Elle prend pour support des immeubles publics ; en l’occurrence les murs des berges et la façade du pont Louis Philippe. On s’interroge spontanément sur le point de savoir comment l’artiste a pu coller de si grandes affiches sur des bâtiments publics à l’insu des autorités. La question pourrait ainsi être formulée: comment est-il possible de s’arroger un élément du mobilier urbain, qui par essence appartient à tous pour y apposer une œuvre, propriété d’une seule personne ? D’autre part, comment évoluera cette œuvre au regard des droits d’auteur, notamment du droit à l’intégrité de l’œuvre ?...

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L’art numérique : un pour tous et tous pour un

La démarche d’Holzer est l’occasion d’illustrer les débats sur la notion d’œuvre numérique et sa paternité.


Oeuvre majeure de l’art numérique, la production artistique de Jenny Holzer est singulière à plus d’un titre, notamment en ce qu’elle soulève des questions juridiques multiples. Au plan de la propriété intellectuelle notamment, l’art numérique de Jenny Holzer interroge les critères de rattachement de l’œuvre à l’artiste : d’une part, comment attribuer la paternité de l’œuvre numérique à l’artiste qui la « signe », et d’autre part, l’œuvre numérique ouvre-t-elle un partage des droits d’auteurs à tous les contributeurs ?

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Catalogues raisonnés, entre responsabilité et pouvoir déraisonnable des auteurs

Les catalogues raisonnés d’artistes ont une influence considérable sur le marché de l’art. À l’instar du catalogue de Bob Calle recensant les premières œuvres de Christian Boltanski, ces ouvrages servent bien souvent de référence en matière d’authenticité de l’œuvre ou de pédigrée à l’occasion d’une vente, de gré à gré ou aux enchères. À titre d’exemple Bob Calle a eu l’occasion d’intervenir en sa qualité d’expert spécialiste de Boltanski pour empêcher la vente d’une œuvre contrefaite de l’artiste, et l’écarter du catalogue qu’il vient de publier.

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La multiplication de l’originalité

Les bronzes de Rodin sont-ils tous juridiquement des œuvres d’art originales ? Quid de l’exemplaire numéro 9 du Baiser ? A-t-il la même valeur juridique que l’exemplaire numéro 1 ou au contraire n’est-il qu’une reproduction, voire une contrefaçon ? Il ressort de la combinaison des dispositions fiscales, de la loi de 2006 sur le droit de suite et du Code de la propriété intellectuelle, que certaines œuvres peuvent être originales tout en existant en plusieurs exemplaires, dans une certaine limite et sous certaines conditions.

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Les modèles de Lucian Freud

L’ouverture à Beaubourg d’un one man show consacré à l’artiste Lucian Freud est l’occasion de revenir sur les rapports de droit entre modèles et portraitiste. Lucian Freud, the last Figurative*, doit sa renommée à son esthétique franche et sans compromis. La touche du peintre renvoie le visiteur au modèle et interroge sur le regard que ce dernier porte sur le portrait achevé. Depuis 13 ans, Big Sue exprime aux journalistes sa fierté devant Benefits supervisor sleeping. Que se serait-il passé si son portrait lui avait déplu, aurait-elle eu la possibilité de rétracter librement son accord ? De même, suite à la vague d’indignation déclenchée par le portrait de la reine Elisabeth II d’Angleterre, commande de sa Majesté à Lucian Freud pour le jubilé de son règne**, la reine aurait-elle pu empêcher la communication de la toile au public ?

Lorsqu’un tableau a pour sujet un individu, deux droits entrent en concurrence.  La liberté créatrice de l’artiste peintre et le droit à l’image du modèle actif ou passif. La relation contractuelle qui nait entre les peintres et leurs égéries est-elle la source d’une restriction au pouvoir créateur du maître ou d’une subordination de ce dernier à l’acceptation de son art par sa muse ?

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La dématérialisation des ventes aux enchères : du coup de marteau au coup d’arrêt

A l’heure du web 2.0, aux joies de l’internaute visiteur muséophile et collectionneur branché* répondent la défiance des commissaires priseurs à l’égard des sociétés dématérialisées, telles qu’eBay et Yahoo, qui profitent du web, espace virtuel affranchi des contraintes spatiales, pour proposer le commerce d’objets en ligne.

 
Vente aux enchères en liaison avec une vente ou entièrement en ligne
 
A titre liminaire il convient de distinguer d’une part les opérations réalisées à distance entre les enchérisseurs et les sociétés de ventes publiques aux enchères en liaison avec une vente traditionnelle, des opérations de ventes par voie électronique effectuées intégralement sur Internet.

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Zoom sur l’originalité en photographie

La photographie est-elle créatrice d’œuvres originales ? La réponse n’est pas simple comme un clic Kodak mais varie au gré des époques et du balancier de la jurisprudence. La notion d’originalité en photographie soulève de nombreuses questions, en raison de la dimension mécanique de la création photographique. Elle est pourtant cruciale, puisque l’originalité est la condition « on/off »* de l’application du régime protecteur du droit d’auteur au photographe…

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Le droit d’auteur en France et au Japon

La notion de droit d'auteur est non seulement à la confluence de la loi et de l'art, mais aussi au carrefour des grandes branches du droit : droit public et droit privé.

Les influences publicistes se présentent sous deux formes, celles issues du droit constitutionnel et celles issues du droit administratif. Ainsi, parce que la liberté d'expression de l'auteur dépend de la liberté individuelle qu'une constitution accorde aux citoyens, les droits des auteurs sont fondés sur la reconnaissance par la société des Droits de l'Homme et donc sur son organisation constitutionnelle. Cette liberté d'expression, essence de tout droit d'auteur, se heurte aussi à la notion d'ordre public et donc au droit administratif. La censure est, ainsi, le point de rencontre de ces deux droits et le législateur doit toujours trancher entre la liberté de l'auteur et la protection de la société.

En outre, le droit d'auteur doit au droit privé : le mécanisme des cessions de droits pécuniaires, la transmission du droit moral de l'auteur après le décès de celui ci, la propriété des oeuvres créées pendant un mariage. La propriété littéraire et artistique s'inspire aussi du droit commercial lorsqu'elle prévoit la détention du droit moral sur une oeuvre par une personne morale et du droit social quand elle prévoit l'influence des contrats de travail sur l'activité créatrice d'un employé. Enfin le droit d'auteur utilise les notions du droit pénal pour prévoir la protection de l'auteur et sanctionner les atteintes à ses droits.

 Le droit d'auteur est donc un droit frontière, qui polarise les enjeux du monde moderne. Il consitue aussi un terrain particulièrement propice à la comparaison de la France et du Japon puisque le droit et l’art furent d’influences réciproque entre ces deux pays.

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C’est Noël, offrez un Monet… à votre musée !

Georges Pompidou a pu déclarer, de manière réaliste, en 1972 : « Si l'Etat, les collectivités publiques avaient, au temps des impressionnistes, des fauves, des cubistes, des abstraits, acheté ce que la critique, presque unanime, considérait comme ridicule, nous n'en serions pas réduits à mendier des dons, à compter sur la générosité de quelques héritiers ou de quelques amateurs pour garnir les cimaises de nos musées ».  

Le Professeur Ponthier d’en conclure : « Il est incontestable que, grâce à un certain nombre de legs, nous disposons d'une richesse de tableaux que les fonds d'acquisition des musées n'auraient jamais permis d'obtenir comme, par exemple, et entre autres, le legs Monet avec la somptueuse série de tableaux du musée Marmottan ». (note 1)
 
Il suffit d’observer la part des œuvres entrées dans les collections publiques par suite d’une libéralité pour s’en convaincre. Si on laisse de côté la dation, la pratique du legs et les donations en générale sont une des sources principales de l’enrichissement des collections nationales.

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La Fondation Giacometti à côté de la plaque

Depuis le 1er décembre 2011, l’on sait désormais que les plaques de zinc servant à la réalisation des lithographies de Giacometti ne sont pas des œuvres de l’esprit, puisque l’artiste qui ne les a pas personnellement réalisées n’a pas non plus souhaité les élever à ce rang. Elles ne permettent donc pas à la fondation héritière des droits d’auteur de l’artiste d’invoquer son monopole pour empêcher la vente des dites plaques.
Le marché de l’art est-il réservé aux initiés ?

GIACOMETTI, AU MUSEE, DANS LES SALLES DE VENTES ET DEVANT LA COUR DE CASSATION

Joyeuses Fêtes artistiques !

IMPRESSIONS DE FIN D'ANNEE

SPECIAL JAPON

LA PHOTOGRAPHIE EN LIGNE DE MIRE

DES EXPERIENCES VIRTUELLES MAIS DES VENTES BIEN REELLES

LUCIAN FREUD OU L'INCONSCIENT DE LA CHAIR

MATISSE/RODIN DEUX GENIES AUX MULTIPLES TALENTS

UN BOLTANSKI MONUMENTAL

JENNY HOLZER : LIGHT AND DARKNESS

L'ART BRUT A DECOUVRIR TOUT EN DOUCEUR

DE RIO A PARIS, L'ART PARTICIPATIF DE JR, ENTRE ACTION ET ECHANGE