25 Juin 2010

London calling! Picasso en famille, Saatchi’s new british art, Tate Modern voyeur…

Par Marc Menichini
 
A l’heure où la Tate de Liverpool pose un regard politique sur les œuvres de Picasso, la galerie Gagosian à Londres (Britannia Street) invite à un voyage intime dans Les années Méditerranéennes (1945-1962) de l’artiste espagnol. Une exposition exceptionnelle mise en scène par John Richardson, l’ami et biographe de Picasso et par Bernard Ruiz-Picasso, le petit fil de l’artiste. Ces 150 œuvres issues pour la plupart de collections privées ou de musées racontent non seulement la quête esthétique mais aussi la vie privée du maître.  
 
Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, Picasso multiplie les séjours dans le Sud de la France, dans ses studios de Vallauris, sa villa «La Californie» et enfin dans le château de Vauvenargues. Picasso y retrouve les couleurs, les ambiances, les paysages et les relations sociales qui ont depuis longtemps inspiré ses découvertes stylistiques et les sujets de ses oeuvres.
 
Dans la lumière tamisée des trois salles de la galerie Gagosian, les peintures de Picasso saisissent ces instants délicieux, plaisirs fugaces de vie familiale (portraits de femmes, la compagne de l’artiste Françoise Gilot et sa nouvelle jeune muse Jacqueline; portraits d’enfants, Claude et Paloma ) et ses sculptures (mais aussi ses céramiques, lithographies et linogravures) esquissent les explorations formelles et le renouvellement de l’artiste.
 
Picasso: Peace and Freedom, Tate Liverpool, jusqu’au 30 août; www.tate.org.uk/liverpool
 
Picasso: The Mediterranean Years (1945-62), Gagosian Gallery, London WC1, jusqu’au 28 août; www.gagosian.com
 
 
La critique est divisée et il appartiendra à chacun de faire sa propre opinion en visitant la dernière exposition du collectionneur Charles Saatchi intitulée Newspeak: British Art Now. En effet, nombreux sont les observateurs avertis à avoir souligné le manque de cohérence et de thème directeur de cet accrochage et se demander où est la nouveauté suggérée par le titre. Saatchi voulait-il réitérer le phénomène de son exposition de 1997, justement appelé Sensation! The Young British Art, acte de naissance notamment de Damien Hirst ou encore de Tracey Emin?
 
 
Littlewhitehead, It Happened in the Corner, 2007, Plaster, wax, foam, hair, clothes © All rights reserved - The Saatchi Gallery - London Contemporary Art Gallery 
 
L’accrochage fait plutôt penser à un grand bazar où s’entasse le bon, le médiocre et le franchement mauvais. De quel langage Saatchi veut-il parler ? «Newspeak» se réfère à la langue, inventée par George Orwell dans son roman 1984, dont le vocabulaire serait très réduit. Hors les œuvres exposées à la galerie Saatchi multiplient les approches; elles subvertissent les classiques (Ged Quinn et ses oeuvres inspirés du travail de Claude Lorain; Sigrid Holmwood et ses techniques chromatiques médiévales), questionnent la perception et l’usage des images (Alainstair MacKinven, Portrait of Thomas Jefferson as Friederich Engels; Clunie Reid, Take no Photographs, Leave Only Ripples) ou encore explorent les identités de la société britannique: multiculturelle (le travail d’Hurvin Anderson où se mêle la mémoire et les histoires et sensations d’une immigration), ouvrière (les sculptures inquiétantes du duo de Glasgow, littlewhitehead, qui mêle au réel de la classe ouvrière leurs phantasmes les plus malsains).
 
 
Ged Quinn, True Peace Will Prevail Under The Rule, 2004, oil on linen © All rights reserved - The Saatchi Gallery - London Contemporary Art Gallery 
 
 
 
Hurvin Anderson, Peter's Sitters 3, 2009, oil on canvas © All rights reserved - The Saatchi Gallery - London Contemporary Art Gallery 
 
 
Newspeak: British Art Now Part 1, Saatchi Gallery, London, jusqu’au 17 octobre; www.saatchi-gallery.co.uk
 
 
Enfin, il est recommandé avant de quitter la capitale anglaise de visiter la Frith Street Gallery qui projette le film de Tacita Dean Craneway Event. L’artiste-réalisatrice britannique suit trois journées de répétition de la compagnie du grand danseur Merce Cunningham, décédé l’année dernière. Comme le souligne le site de la galerie, le travail de Tacita Dean est porté par « le sens de l’histoire, du temps et du lieu, une quête de la vérité du moment et des sensibilités de l’individu ».
 
 
 
Tacita Dean, Craneway Event [still], 2009, 16 mm colour anamorphic film, optical sound © Copyright 2009 Frith Street Gallery
 
 
Tacita Dean: Craneway Event, Frith Street Gallery, 17–18 Golden Square, London; jusqu’au 26 juin. www.frithstreetgallery.com
 
Pour ceux qui n’auraient pas eu le temps de voir la vidéo de Tacita Dean à Londres, elle est également exposée jusqu’au 23 juillet à Paris, à la galerie Marian Goodman, 79 rue du Temple, 3ème. www.mariangoodman.com
 
 
…et de s’arrêter à la Tate Modern pour plonger dans un examen provoquant et stimulant du voyeurisme. A travers une large sélection de photographies (des plus grands artistes, Helmut Newton ou Henri Cartier-Bresson, aux photographes de presse ou encore aux images de caméra de surveillance), l’exposition Exposed: Voyeurism, Surveillance and the Camera explore l’érotisme, la célébrité, la mort du 19ème siècle à nos jours. Dans le climat actuel d’insécurité et face à l’usage quasi obsessionnel des caméras de téléphone portable, la Tate pose la question des limites de la représentation et de la captation, l’ambiguïté des jeux de pouvoir et de plaisir racontées par ses photos en flagrante violation de la sphère privée.
 
Exposed: Voyeurism, Surveillance and the Camera, Tate Modern, London, jusqu’au 3 octobre; www.tate.org.uk/modern
 

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