20 Juin 2010

La perle de l'Orient fait de l’Ombre à l’Occident

Par Roxane Dumonteil
 
A Shanghai les festivités de l'Exposition Universelle battent leur plein et l'Art s'écrit avec un grand A.
Sur les deux rives de la ville aux milles lumières des visiteurs de tous pays viennent admirer la danse universelle des pavillons.
C'est le moment idéal pour prendre un instant et se perdre dans les méandres de cette cité cosmopolite qui a revêtu ses plus beaux atours pour l'événement et nous offre sur un plateau des expositions enthousiasmantes, diverses et de qualité.
 
"Voir et réfléchir sur ce qu'on a vu, voilà le second pas de la connaissance." Confucius.
 
 
Mai à Juillet 2010
 
Rockbund Art Museum jusqu’au 25 juillet 2010
 
Pour la réouverture de ce Musée situé àquelques pas du magnifique Peninsula Hotel, se tient une exposition unique et plus qu’originale : « Cai Guo-Qiang, Peasant Da Vincis ». L’artiste chinois émérite, originaire de la province du Fujian, à qui l’on doit entre autre les époustouflantes installations de voitures transpercées par des néons de couleurs et une armée de loups impressionnante au Guggenheim de New York, le projet de feux d’artifices de la Tate Modern et celui des J.O de Pékin, ne manque toujours pas d’imagination.
Celui qui nous avait habitué à l’inhabituel continue sur sa lancée et reste à la hauteur du prix reçu à la Biennale de Venise en 1999.
Pour son grand retour en terre natale, Cai Guo-Qiang met ses pairs à contribution, explorant ainsi un thème qui lui est cher, celui de l’humanité et de son rapport avec l’Univers et la nature. Il célèbre De Vinci et sa passion pour les sciences en mettant en scène des machines en tout genre crées avec sa participation par des paysans chinois. On se promène dans un monde mécanique où les artistes-automates côtoient papillons de papier et de lumières.
Un témoignage touchant, surprenant et féerique de la transformation sociale et culturelle des campagnes chinoises. Un sujet en rapport étroit avec L’Exposition Universelle, organisée autour d’une réflexion sur la modernisation de la Chine : « Better City, Better Life » ?
S’y rendre en fin de journée pour admirer le coucher de soleil de la terrasse et aller ensuite se balader le long du nouveau Bund aux rythmes des lumières qui se reflètent dans le Huangpu.
 
 
 
Shanghai Museum jusqu’à fin Octobre 2010
 
L’Italie a décidément le vent en poupe à Shanghai. Pour célébrer le 400ème anniversaire de la mort de celui que les Chinois appelaient, Li Madou, le Musée de Shanghai consacre une rétrospective de la vie de ce missionnaire jésuite italien venu pour « conquérir » l’Empire du Milieu en 1583. Il y restera jusqu’à sa mort à Pékin en 1610.
Explorateur d’une contrée mystérieuse en des temps reculés, Matteo Ricci réussit l’exploit de s’immerger et de s’intégrer complètement à la culture chinoise de l’époque. Il fut nommé conseiller de la Cour Impériale par l’Empereur Wanli, ce qui lui a valu le titre de premier européen à entrer dans la Cité Interdite.
Le public est transporté dans les méandres et subtilités des nombreux courants de pensée chinoise: du Confucianisme au Taoïsme en passant par le Feng Shui et les traditions vestimentaires et architecturales de la Dynastie Ming.
« Matteo Ricci: A Meeting of Civilizations in Ming China », un parcours historique et instructif à travers les yeux d’un homme hors du commun qui nous emmène à l’aventure dans une Chine ancestrale et majestueuse.
 
 
Portrait portant la tenue de lettre chinois, 1611
 
Minsheng Museum jusqu’au 18 juillet
 
« Thirty Years of Chinese Contemporary Art 1979-2009 ». Parce qu’il est toujours bon de faire le point et que la Chine excelle dans l’art du foisonnement artistique, cette exposition est l’occasion de faire le tri entre le bon grain et l’ivraie.
Grâce à Zhou Tiehai, Président exécutif du Musée, 80 des plus talentueux artistes chinois rassemblés en une seule et même collection est un événement qui mérite le détour.
Dans cet espace privé au décor épuré et moderne, situé au cœur du Red Town District, centre majeur d’Art et de sculpture à Shanghai, l’œil se délecte des toiles puissantes de Fang Lijun et Yue Minjun, du monde fantastique de Shu Qun, des scènes réalistes de Chen Danqing et de la douceur des visages de Zhang Xiaogang.
Une mise en scène narrative qui selon les mots de l’éminent artiste et critique, Liu Xiaodong, représente : “la force de l’Art contemporain chinois, donnant au public l’opportunité de se plonger dans le quotidien du commun des mortels chinois, à différentes étapes historiques ».
A voir pour être encore et toujours surpris par la diversité insoupçonnée de l’Art chinois contemporain.
 
 
Shu Qun, Untitled
 
 
 
Contrast Gallery jusqu’au 23 juin 2010
 
Dans la Galerie de Pearl Lam, égérie des nuits shanghaiennes, on voit les choses en grand. « Mind Space : Maximalism in contrats », expose les tableaux et les installations de quatre artistes à la philosophie bien particulière.
Le Maximalism est l’essence de l’Art abstrait chinois. Selon ce courant de pensée artistique, ce qui est important réside dans l’expérience spirituelle qu’expérimente l’artiste tout au long du processus créatif.
Le message n’est pas celui du traditionnel portrait de notre société contemporaine ou encore de la prouesse artistique. L’artiste se détache du support et du sujet de son œuvre pour créer un Art qui va au delà du langage et représente les changements constants du monde matériel.
S’ils considèrent leurs travaux comme toujours incomplets, ces fragments de méditations quotidiennes sont néanmoins tout à fait aboutis et c’est le plaisir esthétique qui l’emporte dans le cœur du spectateur.
Alors apprécions sans se poser de questions les installations en papier de riz qui se couvrent lentement d’encre de Zhu Jinshi, et la peinture à base de coca-cola cristallisé de He Xiangyu : L’Art est-il partout ?!
 
Zhu Jinshi, Pagoda

 
Zhu Jinshi, Ink
 
 
 
Dumonteil Galerie Shanghai jusqu’au 31 juillet 2010
 
Dans le cadre du partenariat exceptionnel de son sculpteur Jean Marie Fiori avec l’Exposition Universelle, la Galerie Dumonteil de Shanghai dédicace une exposition au « Mouvement Contemporain Figuratif Animalier ».
Les amateurs d’Art ont ainsi l’opportunité de mieux connaître l’univers coloré de Jean Marie Fiori et d’admirer son bestiaire de bronze et d’albâtre, faune exotique composée de félins d’Afrique, d’oiseaux d’Amazonie et d’animaux du désert.
Aux côtés de ses œuvres, sont exposées les créations de ses amis artistes et compagnons de galerie : les sculpteurs Daniel Daviau, Jacques Owzcarek, Patrick Bintz et le peintre Helmut Koller.
Ce parcours initiatique est l’occasion pour tous de découvrir le sculpteur lauréat du prix Sandoz 2009, la plus haute récompense pour un artiste animalier, dont l’univers poétique et enchanteur, reflet de l’élégance et de la douceur de vivre, symboles de la culture française, vous permettra de faire une pause onirique dans l’environnement trépidant de Shanghai.

Jean Marie Fiori , Tête de toucan, 2009

 
Art Labor prolongations tout le mois de juin
 
Courez découvrir les photos de Yuriko Kubota, dans cette galerie réputée de la concession française! Cette photographe japonaise à l’œil aiguisé capture des instantanés de villes à travers le monde. Elle les découpe en fines lamelles puis les recolle sur une version originale de la photo.  « Yuriko Kubota : Slices of Life ».
Un monde en 3D, où l’on observe les passants à travers des persiennes de papier, un effet saisissant et superbe. On se sent voyeur, témoins privilégiés du mouvement de la vie et l’on y prend goût !
 
 
 
  

 

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La perle de l'Orient fait de l’Ombre à l’Occident

Janvier-Février 2010: à la découverte des lieux arty de Shanghaï