by Julie Birmant et Clément Oubrerie
Author: Julie Birmant et Clément Oubrerie
Editor: Dargaud
Number of pages: 85
Price: €16.95
Buy

Pablo/Max Jacob, Pablo/Apollinaire, Pablo/Matisse (bande dessinée)

 Par Quentin Lepoutre

 
 
 
Pablo/Max Jacob (T.1) 
 
Si la peinture a déjà passé à la moulinette bien des super-héros de comics, se frotter à des super-héros de la peinture est inédit pour la BD… Encre, aquarelle, fusain, Clément Oubrerie (Aya de Yopougon) s’en donne d’ailleurs à cœur joie pour peindre le Paris de 1900 et Julie Birmant nous conte l’homme plus que le peintre. Ce premier tome réussit effectivement à nous faire découvrir un Picasso qui n’est encore que Pablo, jeune peintre espagnol sans le sou menant vie de bohème avec Max Jacob notamment, plein d’allant pour la peinture et pour les femmes, dont la narratrice Fernande Olivier, son premier amour. Le 9e art s’attaque au 3e pour ce qui s’annonce comme une belle bio en quatre volumes.
 
De Julie Birmant et Clément Oubrerie (Dargaud, 85 pages, 16,95 €).
 
 
 
Pablo/Apollinaire (T.2)
 
En cet hiver 1904, la belle Fernande fait toujours autant d’effet à Picasso, mais elle le quitte et revient. Entre-temps, l’Espagnol rencontre Apollinaire et comme l’amour, l’amitié ne se divise pas, elle se multiplie : Max Jacob complète le trio infernal qui profite de la nuit et de la vie parisienne,  non sans quelques soucis pécuniaires. Les Stein passent par là, et surtout Gertrude : leur relation platonique, artistique et intellectuelle est intense. « L’art a besoin de barbares ! », s’écrie-t-elle tandis que Pablo vante son esthète de frère. Passionnant.
 
De Julie Birmant et Clément Oubrerie (Dargaud, 84 pages, 16,95 €).
 
 
 
Pablo/Matisse (T.3)
 
Revoilà le brillantissime Pablo. L’histoire contée est toute à la fois accrocheuse, sensuelle, forte, dure et belle. Et que dire des « dessins », inspirés et maîtrisés, qui n’en sont plus vraiment, touchant à la peinture, chauds comme le fin fond de la Catalogne où l’on s’aventure cette fois avec Picasso, titillant et excitant notre pupille, notre esprit. L’œuvre passe aussi par le Paris de 1906 où le jeune peintre, qui aimera tant être gratifié de « maître », est confronté à celui qui jouissait alors du titre : Matisse. La confrontation est rude et l’admiration dissimulée. Pas la nôtre pour ce Picasso.
 
De Julie Birmant et Clément Oubrerie (Dargaud, 84 pages, 16,95 €).