29 Novembre 2013 15:02

L’inclassable Félix Vallotton

Par Julien Beauhaire
 
 
Le Grand Palais à Paris présente deux expositions inédites dédiées aux peintres Georges Braque et Félix Vallotton.
 
Le premier participe à la création du cubisme, le second est difficilement classable. Le Grand Palais organise deux rétrospectives majeures conjointement, mais le parallèle entre Georges Braque et Félix Vallotton s’arrête là.
 
Il a quasiment tout peint : de la mythologie (L’Enlèvement d’Europe, 1908) aux paysages (La Grève blanche, Vasouy, 1913), des scènes de genre (Intérieur avec femme en rouge de dos, 1903) aux portraits (Gertrude Stein, 1907) et aux nus (La Blanche et la Noire, 1913). Et il a quasiment tout embrassé : de l’impressionnisme au nabi, en passant par un réalisme distordu quasi photographique (Le Ballon, 1899). Même les cadrages (La Loge de théâtre, le monsieur et la dame, 1909) ne se ressemblent pas et interrogent le visiteur sur le motif découpé sur un fond contrasté. Il faut dire que Vallotton (1865-1925) navigue entre deux siècles, deux pays – France et Suisse – et deux cultures. On pense bien sûr à Degas, mais aussi à ses contemporains Bonnard ou Vuillard – dans La Chambre rouge (1898) le buste du peintre trône sur la cheminée devant un tableau de Vuillard qu’il vient d’acquérir. Il est pourtant difficile de caractériser son style. D’autant plus qu’avec 1 700 toiles, des centaines de gravures et dessins, ainsi que des écrits, il apparaît d’avantage comme un compteur de la vie quotidienne et conjugale (La Haine, 1908).
 
 
Félix Vallotton, La Blanche et la Noire, 1913, huile sur toile, 114 x 147 cm, Winterthour, Fondation Hahnloser/Jäggli, Villa Flora © Fondation Hahnloser/Jaeggli, Winterthour
 
 
Félix Vallotton, La Chambre rouge, 1898, tempera sur carton, 50 x 68,5 cm, Lausanne, musée cantonal des Beaux-Arts, acquisition 1983 © musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne / Photo J.-C. Ducret
 
« Cet art, en apparence assez froid, très corseté, derrière lequel on perçoit une passion extrêmement  vive, est toujours retenu, mais n’en bout pas moins à l’intérieur », résume Marina Ducrey, spécialiste de l’œuvre et conservatrice honoraire de la Fondation Félix Vallotton à Lausanne. Le feu sous la glace.
Le parti pris de l’accrochage des commissaires Isabelle Cahn et Guy Corgeval, selon thématiques et affinités, fait preuve d’astuce et évite l’imbroglio d’une chronologie. Ultimes raisons de courir admirer cette rétrospective : la rareté des rendez-vous avec l’artiste, ainsi que les prêts issus de collections particulières suisses.
 
 
Félix Vallotton, La Loge de Théâtre, le monsieur et la dame, 1909, huile sur toile, 46 x 38 cm, Suisse, collection particulière © collection particulière
 
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Félix Vallotton, le feu sous la glace, jusqu’au 20 janvier 2014 au Grand Palais


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