29 Novembre 2013 15:03

Braque met de la couleur aux formes

Par Julien Beauhaire

 
 
Le Grand Palais à Paris présente deux expositions inédites dédiées aux peintres Georges Braque et Félix Vallotton.
 
Le premier participe à la création du cubisme, le second est difficilement classable. Le Grand Palais organise deux rétrospectives majeures conjointement, mais le parallèle entre Georges Braque et Félix Vallotton s’arrête là.
 
Georges Braque (1882-1963) est un enfant de Cézanne, qui, dans toute son oeuvre, hésite perpétuellement entre aventure et méthode, rigueur et émotion. Ses toiles figurant L’Estaque ou La Ciotat (1906-1907) rappellent indubitablement la touche du peintre aixois, contemplateur de la Sainte-Victoire. Rapidement, il réfute toute trace de romantisme pour se tourner vers une peinture « plus physique », éprise de tonalités fauves, même « si elle ne rugit pas », reconnaît-il à propos de La Petite Baie de la Ciotat (1907). Un an plus tard, se profilent les premiers traits cubistes (Le Viaduc de l’Estaque). L’espace nie désormais toute perspective et privilégie les volumes géométriques et compacts, articulés selon un système de plans. Matisse parlera de « petits cubes ». « Je dois créer une sorte de beau qui m’apparaît en termes de volumes, lignes, poids et à travers elle j’interprète mon impression subjective », écrit-il à propos de son Grand Nu (1907-1908).
 
 
Georges Braque, Le Port de l'Estaque, automne 1906. Huile sur toile, 60,5 x 73 cm. Copenhague, Statens Museum for Kunst. © Statens Museum for Kunst, Copenhagen
 
Picasso, avec lequel il est très lié, « comme une cordée de montagne », partage avec Braque une vision analytique de cubisme. Les formes s’émiettent pour ne conserver que des facettes qui, elles même, se dissolvent dans un contenu spatial. Dès 1912, il s’essaie aux papiers collés et à la couleur. Couleur qu’il utilise à foison dans ses natures mortes d’après-guerre. Désormais la polychromie supplante la forme et se suffit à elle-même, « comme une musique ».
 
 
Georges Braque, Le Viaduc de l’Estaque, début 1908 huile sur toile ; 72,5 x 59 cm. Paris, Centre Pompidou, Musée national d'art moderne, dation, 1984. © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist.Rmn-Grand Palais / Jacques Faujour © Adagp, Paris 2013
 
À partir de 1922, Braque se concentre sur les nus et ses Canéphores, aux couleurs antiacadémiques. La galerie Paul Rosenberg au 21 rue La Boétie accueille alors ses toiles. Durant la Seconde Guerre mondiale, il peint la mélancolie dans le cadre intimiste de Varengeville-sur-Mer. En 1946, Nicolas de Staël écrit : « Il est le plus grand des peintres vivants ». Désormais, les ateliers l’obsèdent, dans leur part de « mystère et de secret ». L’artiste attend face à sa toile que cela se « dévoile ». Et jusqu’à la fin de sa vie, Braque se concentre sur la figure des oiseaux. En 1952, Malraux, alors ministre de la Culture, lui commande le plafond de la salle Henri II du Louvre. D’abord traité de façon figurative et matiériste, le motif archétypal s’envole de plus en plus vers l’abstraction, noire et menaçante.
 
 
Georges Braque, Atelier I 1949. Huile sur toile, 92 x 73 cm. Collection particulière. © collection particulière © Adagp, Paris 2013

Georges Braque, L’Oiseau noir et l’Oiseau blanc, 1960. Huile sur toile, 134 x 167,5 cm. Collection particulière. © Leiris SAS Paris © Adagp, Paris 2013
 
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Georges Braque, jusqu’au 6 janvier 2014 au Grand Palais
 


Georges Braque : la bande annonce par Rmn-Grand_Palais

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