13 Mai 2014 16:24

Caillebotte à l’état de nature

Par Sybille Vié

 
À l’occasion des 120 ans de la disparition de Gustave Caillebotte, la ville d’Yerres réussit le tour de force de réunir au sein de l’ancienne propriété de l’artiste une quarantaine d’œuvres conçues et réalisées sur place entre 1873 et 1879.
 
Le réaménagement et la restauration d’une partie des bâtiments du domaine ayant appartenu à Gustave Caillebotte, notamment de l’écurie où se tient l’exposition, a permis un véritable retour aux sources pour cette exposition dédiée à l’artiste français. Plus qu’un lieu de villégiature, Yerres et sa rivière éponyme ont constitué le décor privilégié de certaines œuvres majeures du peintre, entre paysages et sujets de composition.
Un lieu décisif pour la définition de son style. Certes, c’est dans la veine impressionniste indéniable que cet inclassable de l’histoire de l’art se passionne pour les jeux de lumière, notamment les reflets à la surface mouvante de l’eau, choisissant des sujets de son quotidien (loisirs à la campagne, travail au potager, joies du canotage…). Pourtant, le traitement distendu de l’espace et de la perspective, ainsi que les cadrages inattendus annoncent l’avènement de la photographie moderne. « Caillebotte a inventé le gros plan », résume Serge Lemoine, commissaire de l’exposition (Périssoires sur l’Yerres, 1877 notamment). Impossible non plus de ne pas rapprocher certaines de ses toiles du courant réaliste porté par Émile Zola eu égard à l’attention accordée à la représentation de la nature environnante, Gustave Caillebotte vouant une véritable passion à la botanique. La fibre symboliste du peintre transparaît également dans le traitement contrasté des couleurs ou dans les inquiétantes déformations spatiales, à la manière d’Odilon Redon ou d’Edvard Munch (Pierre Camille Daurelle dans le jardin d’Yerres, 1877).
Servie par une scénographie efficace, cette exposition, regroupant huiles et pastels en provenance du monde entier et jamais ou très peu exposés, constitue l’occasion unique d’appréhender in situ l’œuvre de l’artiste. Une spectaculaire mise en abyme qui révèle toute « la poésie Caillebotte ».
 
Périssoires sur l’Yerres, 1877, National Gallery of Art, Washington
 
Caillebotte à Yerres au temps de l’impressionnisme, jusqu’au 20 juillet 2014, Propriété Caillebotte, Yerres (Essonne).

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