01 Avril 2012

Le Japon... un an après

Par Chloé Montel
Un an après la catastrophe qui secoua le Japon et en particulier le Tohoku, il semblerait que les artistes japonais commencent tout juste à traduire les séquelles de ce drame dans leurs oeuvres, bien après avoir rapporté des témoignages variés.
 L'étendue des dégâts a été largement documentée par les photo-journalistes et des artistes sans que les photos ne se distinguent réellement les unes des autres car comment est-il possible de proposer une vision originale d'un événement aussi injuste, où le sujet – 25,000 morts, 135 000 km2 de terre détruites, 160 000 sans abris - est des plus terribles? Les images les plus poignantes ont finalement été capturées par les victimes. C'est ainsi que Hirano Aichi, photographe, eut le projet de distribuer aux survivants des régions dévastées des appareils photos jetables dont ils devaient se servir pendant le mois qui a suivi le drame. Le résultat de ce travail collectif et participatif “Rolls Tohoku” fut exposé à Tokyo et à Stockholm.
Certains artistes ont rapidement porté leur soutien en encourageant la reconstruction, à l'image du collectif Chim?Pom (plutôt connu pour ses provocations) qui lors de l'exposition Real Times à Mujin-to Production, a notamment soumis une vidéo intitulée “100 cheers” dans laquelle on voit le groupe soudé, ferme et affirmatif au milieu des débris d'un village de pêcheurs près de Fukushima: le Japon va vite se rétablir, il faut aller de l'avant.
Au delà des images-chocs qui ont été diffusées et proposées au public dans les nombreuses expositions (de charité ou non) sur le thème du 11.3.11, c'est bien dans les vidéos et surtout dans les installations que la plupart des artistes japonais ont au mieux exprimé leurs émotions et apporté des réflexions personnelles sur l'impuissance de l'homme face aux catastrophes naturelles et l'autodestruction de ce dernier par l'utilisation parfois inappropriée de l'énergie nucléaire.
 
Depuis les années 60, à travers de nombreuses performances et installations, Yoko Ono s'est attachée à encourager le pacifisme. Les conséquences du tremblement de terre et du tsunami, l'ont conduite à un travail sur la mémoire collective des plus touchants. En janvier dernier, elle exposait dans Light à la galerie Tomio Koyama des installations visant à projeter le spectateur dans l'état de malaise des victimes en le perdant dans un labyrinthe obscur (“To the light”), à mi-chemin duquel une unique petite lumière éclairait le plafond. En fait, l'aide d'autres spectateurs était encouragée et pratiquement inévitable pour s'en sortir; superbe métaphore du support dont les habitants du Tohoku ont besoin sans trop oser le solliciter. En outre, Yoko Ono, en confrontant le spectateur à des objets usagés récupérés dans les maisons délabrées ( “Remnants”), en appelait directement à la mémoire des victimes du 11 mars.
Depuis décembre 2011, l'artiste a installé dans le jardin du musée d'art contemporain de Tokyo, un arbre à souhaits, comme celui qu'elle offrit au Moma en 2010, pour la paix, et encourager l'effort collectif dans la reconstruction.
 
Courtesy of Tomio Koyama Gallery © Yoko Ono
 
Yuji Dogane (ou Dougane) est un artiste hors du commun. Diplômé en horticulture, il s'est vite concentré sur les questions environnementales et la cohabitation de l'homme et la nature, thème récurrent dans l'architecture et l'art contemporains nippons. Dans un effort écologique, il cherche à instruire sur les conditions des plantes et a mis au point une machine “Plantron” qui interprète les imperceptibles micro-variations électriques à la surface des feuilles en proposant pour chaque “pulsation” un son ou une voix correspondant. Selon Dogane, ces fluctuations seraient équivalentes aux changements d'état psychologiques dans le cerveau humain. Ainsi, chaque individu réagit différemment aux stimuli environnementaux et en fonction de son histoire propre. Dernièrement, Yuji Dogane a connecté à sa machine une plante exposée à des ondes radioactives (équivalentes à celles qui ont été mesurées à Tokyo après le 11 mars) et offre la possibilité aux curieux de découvrir en live les chants - ou plutôt les plaintes permanentes- de cette dernière. Cette installation, poétique et tragique, révèle à la fois la sensibilité des êtres, la perversité de la radioactivité imperceptible (sans odeur, sans couleur et pourtant extrêmement nocive à long terme) et la cruauté de devoir être exposé à ce genre de risques à cause des hommes qui créent les armes causant leur propre perte. Via la plateforme de micro-mécénat Piece Unique, les internautes peuvent observer et surtout écouter la plante soumise à l'analyse de la “Radioactive Plantron” moyennant une donation de 500 yens dont une partie est reversée à une association pour la reconstruction du Tohoku.
Un an après , les artistes japonais commencent donc à peine à digérer les événements auxquels leur pays a fait et continue de faire face. 2011 marque vraisemblablement un tournant dans la production à venir...
 
Courtesy of Yuji Dogane ©Radioactive Plantron

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