18 Octobre 2009 00:00

Avec l’éclatement de la bulle, la Frieze apparaît beaucoup moins pétillante

par Tatyana Franck

Pour sa 7ème année d’existence, la Frieze a subi ses premières mais nombreuses défections de galeries, notamment des américaines victimes de la crise et du dollar. Se retrouvant avec un espace partiellement vacant, les organisateurs ont dû réagir en créant une  nouvelle section intitulée « Frame », réservée aux galeries de moins de 6 années d’existence, tenues de présenter un one-man show.

Cette année, les oeuvres les plus marquantes, dernières nées d'Anselm Kieffer étaient exposées hors foire, à la White Cube. Magistrales et époustouflantes ! Sans le decorum du Grand Palais mais avec des tryptiques  à couper le souffle...

Certains Français grincheux trouvaient que cette édition de la Frieze ne valait pas le détour. Ce n’est néanmoins pas l’avis de nombreuses galeries qui sont rentrées dans leurs frais. Hauser & Wirth de Zurich, Londres et New York ont même mieux vendu que l’année dernière ! Une des installations les plus amusantes de la foire était sans doute le stand intitulé « Nutz club de Milwaukee ». Dans ce petit espace transformé en boîte de nuit, on pouvait voir des jeunes gens danser parés de masques illuminés de l’intérieur... rien n'était à vendre, hormis du vin et de la bière !

Victoria Miro présentait quant à elle, une très belle installation du jeune artiste britannique Conrad Shawcross. Il fallait de la place pour l’exposer !

Conrad Shawcross, Slow Arc Inside a Cube IV, 2009, Light, steel, motors, 93 x 93 x 140 cm. Courtesy the Artist and Victoria Miro Gallery, London. Copyright the Artist.

Face aux défections, le pavillon des arts et du design installé à Berkeley Square a décidé de s’ouvrir aux galeries de Fine Art. Une décision peu judicieuse car les visiteurs en sortaient avec un sentiment de grande inégalité. En art comme en politique, l’ouverture n’est pas toujours la panacée !

A noter cependant les jeunes galeries de design comme les très novateurs Carpenters Workshop de Londres avec leur portrait de Dorian Gray Study for a mirror du collectif Random International (S.Wood, F.Ortkrass, H. Koch)


Random International, Study for a mirror, 2009. Courtesy of Carpenters Workshop Gallery and Random International.

Random International, Study for a mirror, 2009. Courtesy of Carpenters Workshop Gallery and Random International.

et la Cathédrale : table de Pierre Paulin présentée sur le stand de Perimeter.

Pierre Paulin, Cathédrale: table, Aluminium laqué, verre, Edition limitée de 8 ex + 2 prototypes + 2 EA, signés et numérotés.  Photo: Olivier Bac. Courtesy Galerie Perimeter.

Outre le design, l’exposition d’art contemporain néo-gothique organisée par l’agent d’artistes all Visual Arts dans l’ancienne Holy Trinity church, près de Regent’s Park a marqué les esprits. Tout était à vendre dans cette église même son âme !

Les initiatives originales sont foison autour de la Frieze, avec notamment l’ouverture du Museum of Everything (cf. newsletter ArtyParade du mois de novembre). L’autre exposition hors du circuit la plus intéressante était celle organisée par la galerie anglaise Paradise Row qui a installé provisoirement son exposition de groupe dans un immeuble délabré de Mayfair en attendant l’ouverture de sa nouvelle galerie dans l’ouest de Londres. « Play » est une exposition sur le thème du jeu faisant appel à la participation du public. De nombreux artistes y ont effectué des performances.

À voir le nombre de personnes qui patientaient à l'entrée des vernissages des ventes d’art contemporain de Christie’s ou à la Saatchy gallery pour la soirée organisée par Philip’s, on peut se dire qu’à défaut d’acheteurs, les maisons de vente arrivent toujours à rassembler les pique-assiettes !

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