Newsletter №9

SPECIAL JAPON

L'art et la nature au Japon

par Tatyana Franck

Quel est le point commun entre un musée d'antiquités construit par I.M. Pei niché dans des montagnes boisées, un complexe d'art contemporain créé par Tadao Ando sur une île de la mer intérieure, un musée de sculptures en plein air et un centre d'art contemporain abrité au dernier étage d'un gratte-ciel de Tokyo ? Ils sont tous tournés vers un dialogue entre nature et culture...

Cette focalisation n'est pas nouvelle au Japon, elle est même sa spécificité sur la scène artistique internationale. Cette capacité à combiner de façon parfaitement organisée culture et nature, sans qu’aucune des deux composantes ne soit négligée, est l'une des facettes de la culture japonaise.

 

Naoshima,  mon amour

Au milieu de la mer intérieure japonaise, à seulement quelques heures d’Osaka, l’île de Naoshima est devenue un refuge pour les amateurs d’art contemporain. En 1987, Soichiro Fukutake, fondateur du groupe d’édition Benesse, a fait appel à l'architecte Tadao Ando avec comme objectif de « créer un endroit où l’art, l’architecture et l’environnement naturel peuvent dialoguer entre eux, à l’écart de la vie quotidienne ».

Ce grand collectionneur et philanthrope a redonné vie à des lieux exceptionnels mais en déshérence, en insérant art et architecture sur un site naturel et dans la culture locale. La réussite est incontestable voire unique...

Tadao Ando devait concevoir un complexe combinant musées et hôtel. Commençons par l'hôtel, le Benesse House, même si ce dernier est noyé dans la multitude de musées et d'installations qui l'entoure. Il héberge d'ailleurs lui-même un musée abritant l'une des plus importantes collections d’art contemporain en mains privées au Japon.


Yayoi Kusama, Pumpkin, 1994

 

 

Pour la plupart, les œuvres ont été conçues pour le lieu, même si elle comprend aussi dans sa collection permanente des œuvres de Bruce Nauman, Jackson Pollock, Jasper Johns ou Hiroshi Sugimoto.

La première bonne surprise est l'oeuvre de Yokinori Yanagi intitulée "The world flag ant farm" (1990) qui présente les drapeaux de presque tous les pays au monde qui sont constitués de pigments de différentes couleurs dans lesquelles une colonie de fourmis y construit sa "ferme"... Petit à petit, les drapeaux s'écroulent car ils sont fragilisés par les multiples parois qui les traversent.


Yokinori Yanagi, The world flag ant farm, 1990

 

Cai Guo Qiang, Cultural Melting Bath: Project for Naoshima, 1998

Le musée est doté d’un hôtel. Chacune de ses 16 chambres est tapissée d’œuvres d’art. L'hôtel propose quatre catégories de chambre, en fonction de leur localisation dans l'île : par ordre, la plus magique est la catégorie Oval, à quelques mètres du musée, dont les chambres sont reliées par monorail à l’hôtel qui offre six chambres surplombant l'île avec une vue fantastique sur la mer.

 

Monorail qui va de Benesse House au bâtiment Oval

 

Vue d'ensemble du batiment Oval

 

La catégorie Museum, ensuite, avec chambres dans le musée qui se distingue par son restaurant à l'intérieur même du musée, la catégorie Beach,  au bord de la plage et enfin la catégorie Park.

 

Le ChiChu

L’autre grand musée de Tadao Ando sur l'île de Naoshima, le Chichu Art Museum, est une structure en béton, dont le nom signifie « dans le sol », car il est presque entièrement sous terre. À peine visible de l’extérieur, l’espace souterrain n’est apparent que grâce à la présence de puits de lumière qui, à l’intérieur, versent un éclairage naturel sur les œuvres.

Ce musée a été construit pour servir d’écrin à un tableau de Monet, une imposante toile de 6 mètres par 2 mètres de la série des Nymphéas. Le collectionneur qui a financé les travaux a alors décidé de l’accompagner de quatre autres petites toiles de Monet dont les tailles soulignent l’importance du tableau principal. Cette salle éclairée naturellement et tout en blanc se distingue de celle du musée de L’Orangerie à Paris, aussi bien sur le plan esthétique qu’émotionnel.

 

Vêtus dans de petits chaussons spéciaux, on s’avance, toujours dans le silence, sur un sol constitué de minuscules carreaux de marbre blanc. On entre alors dans une grande pièce à la lumière intense, mais douce. Sur le mur du fond, Les Nymphéas de Monet. Dans cette pièce au silence religieux, la lumière spectrale et l’atmosphère hors du temps.

 

Seulement quatre artistes sont exposés au ChiChu Museum. Chacun propose un dialogue entre nature, culture et lumière : Claude Monet, James Turell, Walter De Maria et... Tadao Ando figurant au titre d'artiste dans la présentation du musée car le musée est en soi une œuvre d’art.

Walter de Maria s’est associé à Tadao Ando pour édifier une sorte d’escalier-cathédrale de béton au centre duquel repose une sphère noire en granite. Ambiance garantie.


Artiste incontournable quand il s'agit de lumière, James Turrell a réalisé plusieurs installations à Naoshima dont une spécialement conçue pour le ChiChu Museum. Fondée sur une illusion d’optique, elle conduit le spectateur dans une autre dimension…

 

 

Lee Ufan

Le troisième musée également conçu par Tadao Ando est consacré à l'artiste minimaliste d'origine coréenne Lee Ufan, qui fera l’objet d’une rétrospective au Guggenheim de New York en 2011... Il a ouvert ses portes en juin 2010.

À l’intérieur, une série de petites pièces abritent des installations. La lumière naturelle entre par les fenêtres à tabatière. L’expérience est puissante. Le spectateur est invité à méditer en toute liberté et au calme.

 

 

Le Setouchi Art Festival

L’ouverture du musée Ufan a coïncidé avec le début très attendu du premier Setouchi International Art Festival, un évènement de 100 jours, à Naoshima, sur les 6 autres îles voisines (Shodoshima, Teshima, Oshima, Uni Jima, Megi Jima, Ogi Jima) et dans le port de Takamatsu, où Fukutake compte continuer à présenter de nouvelles vitrines d’art.

L'un des buts de ce festival est de revitaliser les îles de la Mer Intérieure de Seto. Le festival compte, grâce au travail des artistes, architectes et autres collaborateurs en association avec les populations locales et en se fondant sur les traditions et les histoires de ces îles, les redynamiser et si possible leur donner une nouvelle jeunesse.

Même le bain public japonais (onsen) devient une oeuvre d'art. Situé juste à côté du port de Miyanoura, IYu  (« eau chaude » se prononce « yu » en japonais) offre une façon originale de profiter des bains shinto traditionnels. Conçu par le designer Shinro Ohtake, IYu est aux antipodes esthétiques des créations de Tadao Ando, avec son mélange de céramiques et d’images kitsch, et présente des objets hétéroclites amassés par l’artiste partout au Japon, dont un poste de pilotage d’avion et même un petit éléphant tiré d’un musée érotique. Un distributeur à l'entrée vous permettra de choisir entre une simple entrée à 400 yens (110 yen équivaut à environ un euro) et pour 1'000 yens un kit complet comprenant une serviette de bain conçue par l'artiste, un savon et un shampoing. Il a immédiatement adopté ce nouvel espace de rencontre et de vie sociale.

 

Le onsen (bain public japonais) de Naoshima

 

 

Teshima

Sur l'île de Teshima, il y a une superbe installation d'Olafur Eliasson qui s'intitule "Beauty". Il s'agit de gouttes d'eau qui tombent dans la pénombre…

Il y a aussi une statue de Mariko Mori qui a nécessité la construction d'un étang et qui s'inspire d'une légende celtique.

 

 

Un petit musée a ouvert fin juillet, au milieu d’une forêt de pins de Teshima, pour accueillir l'installation Les Archives du Coeur de Christian Boltanski.

Après votre retour à la surface, à seulement quelques kilomètres, vous pourrez voir les maisons d’un village historique récemment converties en petits espaces accueillant les œuvres d’autres artistes de renommée internationale. Contempler les plus belles œuvres de l’île exige de passer de longues heures debout.  Si vous venez en été, prévoyez de réserver votre horaire de passage sur Internet, afin d'éviter des heures de queues.

Les travaux du Teshima Art Museum viennent également de commencer et devraient toucher à leur fin cet automne. Le bâtiment de Teshima, une collaboration entre l’architecte Ryue Nishizawa et l’artiste Rei Naito, aura la forme d’une goutte d’eau.

 

Sur les autres îles de nombreuses autres œuvres sont accessibles à pied ou en vélo, dont cet insolite bateau-piano.

Informations pratiques :

Pour aller à Naoshima il faut prendre le ferry depuis Takamatsu ou bien de Uno. C’est à peu près 20 minutes de voyage.

 

 

Et si le festival est un succès les organisateurs parlent d’un projet sur le long terme, renouvelant l’expérience tous les ans...

L’alimentation est un élément majeur de l’héritage culturel de Naoshima, et la pêche une de ses plus importantes activités économiques. Les meilleurs établissements se situent autour du port, où vous pourrez déguster des sushis et des sashimis de sériole et de fruits de mer pêchés tout près, servis avec une pinte de bière Kirin. N'espérez cependant pas que la population locale parle anglais ! Vous devrez faire confiance à votre hôte pour le choix des menus …

Pour quelque chose d’un peu différent, réservez une table au Issen, le restaurant du musée de Benesse, où le menu met en vedette des plats traditionnels japonais souvent préparés avec la pêche du jour. Savourez une succulente anguille grillée en admirant l’immense peinture de Jean-Michel Basquiat dans la salle à manger du musée.

 

Le restaurant avec en reflet dans la vitre un sublime Basquiat



Miho Museum


Une Japonaise richissime, un architecte de génie, une montagne creusée à vif et reconstruite : voici les bases d’un des plus formidables musées du monde, ignoré des foules, à découvrir, à 40 km de Kyoto.

Japonaise, feu Madame Mihoko Koyama, était persuadée par son guide spirituel que « les humains ont le devoir de promouvoir la beauté de l’environnement et leur propre sensibilité au beau car, assurait le sage, la beauté a la vertu de rendre meilleur le cœur de ceux qui y sont confrontés ». Il y a peu, Barack Obama saluait devant l’empereur du Japon, la mémoire et l’héritage de Dame Mihoko Koyama.

Le génial interprète de son intuition généreuse est le petit chinois de Canton, le grand Ieoh Ming Pei. Le Musée Miho a été, de son propre aveu, le projet le plus exigeant qu’il ait eu à mener. Il a été inauguré en novembre 1997.

Caché dans des collines couvertes de pins, le chef-d’œuvre absolu de l’architecte et concepteur de la pyramide du Grand Louvre, abrite une immense collection d’antiquités qui aurait coûté près de 250 millions de dollars. La visite des lieux, comme la constitution de la collection, réserve bien des surprises.

Collectionneuse, Madame Koyama, a fondé la secte Shinji Shumeikai en 1970. Elle suit l’exemple de Mokichi Okada, dont l’invention d’une imitation du diamant avait fait sa fortune à la fin des années 1910. Il a ainsi pu donner libre cours à son goût pour l’art, qu’il considérait comme « le monde de la Vérité, de la Vertu et de la Beauté ».

Héritière d’une famille d’industriels du textile, Madame Koyama a commencé sa collection d’objets liés à la cérémonie du thé dans les années 1950. Trente ans après elle décide de partager ses trésors avec le public et, à la fin de la décennie, son intérêt s’est porté sur les antiquités non japonaises.

Après une heure de train et de bus depuis Kyoto, le visiteur est accueilli sur un sentier pavé de marbre. Des véhicules électriques ouverts à la brise et peints en blanc attendent le visiteur, invité à y prendre place par le murmure souriant de jeunes conductrices en gants blancs.

 

La voiture électrique vous conduit à travers un long tunnel qui traverse le cœur d'une montagne.

Ce dernier débouche sur un pont suspendu de 120 mètres, au-dessus d’un ravin boisé, conduisant les visiteurs à l’entrée du musée, niché dans une colline. L’apparition soudaine du bâtiment a quelque chose de poétique qui, selon l’architecte, lui a été inspiré par le conte chinois du IVe siècle, Le printemps de la fleur de pêcher, dans lequel un pêcheur accède à Shangri-la, un paradis caché en traversant une grotte.

 

Au bout du pont apparaît la partie émergée du musée avec la silhouette d’une toiture incurvée, réminiscence des temples shinto. La structure est enterrée à 80 %, afin de préserver la topographie du lieu. Pei promit aux autorités que la colline élue pour site serait reconstruite [à l’identique] et chaque arbre – certains ancestraux – replanté à la même place.

 

L’entrée dans l’immense atrium, en pierre polie et verre, offre une nouvelle surprise : à travers la baie vitrée, l’œil plonge immédiatement dans un superbe paysage de conifères.

Les objets japonais occupent les galeries de l’aile nord qui entourent un jardin de rocaille. Mais, en acceptant de relever le défi de la construction de ce musé, Pei suggéra à sa commanditaire : « le musée en tant que coquille est important. Mais son contenu doit être de niveau international ». L’aile sud contient ainsi des antiquités de Chine, Corée, Inde, Asie centrale, Égypte, Grèce, Rome et du Moyen Orient.

Parmi les chefs d’oeuvre on trouve le deuxième plus grand bouddha debout au monde (2m50) en concurrence avec celui (2m59!) dit Sahri-Bahlol exposé au Musée de Peshawar, au Pakistan. Cette statue atteste du passage d’Alexandre le Grand dans le vaste Afghanistan.

 

Deux critères ont guidé la politique d’acquisition, mise en œuvre depuis vingt ans : que l’œuvre soit une des plus hautes expressions de sa culture et qu’elle transmette un riche contenu spirituel. Parmi les acquisitions, cette superbe mosaïque de Pompéi.

 

Le spectateur est stupéfait de découvrir qu’existent encore de tels chefs d’œuvre actuellement sur le marché de l’art.

 

Open-Air Museum, Hakone

À une heure de Tokyo au Sud, Hakone est une petite ville de montagne à proximité du mont Fuji. Le Fujiyama reste en général dans la brume et n'apparait que quelques jours par an. Il faut alors se contenter des estampes du maître Hokusaï, comme au musée de Matsumoto.

Le petit train « suisse » à crémaillère Hakone-Tozan permet d'accéder au musée de sculptures modernes en plein air, le Hakone Open-Air Museum. Il a ouvert en 1969, comme le premier musée à l’air libre du Japon.

Le Hakone Open Air Museum a réussi à atteindre un équilibre harmonieux entre nature et art en proposant 70 000 m² de jardins avec 120 sculptures en plein air. Elles sont remarquablement mises en scène en relation avec les montagnes environnantes.

 

Un grand mélange de styles confère à la promenade bien des surprises.

 

En dehors des sculptures, le Hakone Open Air Museum propose des galeries dont l’une abrite l’une des plus grandes collections de sculptures d’Henry Moore. Il y a par ailleurs un Picasso Pavilion qui expose en rotation plus de 300 céramiques, peintures, gravures et sculptures de l'artiste espagnol. Cette collection est agrémentée d’un grand nombre de portraits du photographe américain David Douglas Duncan.


Le Hakone Open Air Museum, souhaitant créer un pavillon pour les enfants, a instauré la "Forest of net", structure tout en bois qui utilise les techniques traditionnelles des temples japonais tout en présentant une forme futuriste proche d'un nid d'oiseau. Pour commémorer le 40e anniversaire du musée, un filet géant, réseau tricoté à la main de cordes de nylon coloré a été installé par le sculpteur Horiuti Noriko offrant un espace de jeux dédié aux enfants.

«  Sensing Nature » Mori Museum

Le Mori Art Museum est un des centres d’art contemporain de référence à Tokyo. Il est hébergé au sommet de la Mori Tower, un gratte-ciel de 54 étages dont le fondateur, Minoru Mori, a été, pendant la bulle immobilière japonaise, l'homme le plus riche du monde.

Du 24 Juillet au 7 novembre 2010, le Mori Art Museum propose une exposition intitulée « Sensing Nature »  qui expose trois artistes japonais proposant leurs représentations de la nature, à travers des installations volumineuses.

L’exposition est sous-titrée « Rethinking the japanese perception of nature » [Repenser la conception japonaise de la nature]. Chacun des artistes a tenté de recréer des phénomènes naturels ou une expérience physique du naturel, ou bien encore une certaine perception de la nature en milieu urbain.

La première installation est assez spectaculaire, puisque Tokujin Yoshioka nous nous montre la neige, ou plutôt une imitation poétique de celle-ci. Au milieu d’une salle blanche, un grand réservoir en plastique de 15 mètres de long est rempli de plumes. À intervalles réguliers, deux ventilateurs placés à chaque extrémité s’activent et font voler les plumes en hauteur. Cela donne une impression de neige, qui retombe doucement lorsque les ventilateurs s’arrêtent. « The snow » donne un goût de fraicheur pour un été tokyoïte chaud et humide.


Les installations de Takashi Kuribayashi s’intéressent moins à recréer un phénomène naturel qu’à en donner une interprétation. Pour permettre au spectateur de distinguer la partie immergée de la partie émergée d’un paysage de type sibérien, on entre dans une pièce au plafond bas et irrégulier. Il s’agit de se mettre à la place d’un pingouin qui plonge dans l’eau glacée, puis qui sort la tête de l’eau et aperçoit le relief accidenté de la terre ferme. Il s’agit de deux mondes naturels (émergé/immergé), bien distincts.


Commentaires

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Great article !
I think I found my next vacation trip !
Bravo
N
#0002Jess dit | 30/09/2010 17:28
En effet, quelle invitation au voyage ! Je pars avec Nico.

Merci !
quel tour d'horizon !!
j'adore les voitures électrique pour le musée Pei, ça fait un peu "Le prisonnier" avec le tunnel pour entrer ...
#0004prune dit | 04/10/2010 16:02
extra ! j'y vais à la fin du mois !

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