Newsletter №2

L'ART BRUT A DECOUVRIR TOUT EN DOUCEUR

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The Museum of Everything: un musée d'illustres inconnus qui ne passe pas incognito

Installation, Museum of Everything

En vous promenant dans les rues de Londres, vous vous êtes peut-être interrogés sur ces badges rouges et blancs « I love… EVERYTHING » épinglés à la boutonnière des duffle coats

Ouvert pendant et en partenariat avec la Frieze Art Fair (14-18 octobre 2009), le Museum of Everything a attiré à ce jour plus de 20.000 visiteurs. Le soir du vernissage, les visiteurs étaient accueillis en fanfare. Poussez la porte de ce lieu d'exception, l'entrée est gratuite. De joyeuses retraitées vous accueillent et pour quelques pounds symboliques vous proposent chaleureusement d’acheter ces fameux badges...

Ancienne laiterie, cette maison londonienne a vu défiler les Rolling Stones, Madonna et leurs nombreux fans dans le studio d'enregistrement Mayfair qui avait investi les lieux. Le bâtiment fut ensuite abandonné pendant plusieurs années jusqu’à ce que le jeune producteur et réalisateur de cinéma, James Brett, se décide à le restaurer.

Pour sa première exposition le Museum of Everything présente deux cents peintures, dessins, sculptures et installations d’artistes consacrés aux outsiders...

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L'art brut: un marché de débranchés

Réaction contre le formalisme de l’expression et contre le platonisme de l’art abstrait international, l’art brut, art informel ou encore « art autre » se signale sur le marché de l’art au milieu des années 1940, à l'occasion d'expositions que la galerie Drouin (Paris) consacre à des artistes marginaux dont les figures tutélaires (qui sont aujourd’hui les mieux cotées) sont Dubuffet et Fautrier.

Les nombreux dessins dont ceux au feutre noir qui correspondent à la période où l’écriture picturale de Dubuffet devient puzzle, se négocient entre 10 000 et 50 000 euros. Après que deux œuvres sur papier se sont envolées 225 000 euros et 316 818 euros chez Sotheby’s (Paris/ Londres) en mai et juin 2009, à New York, Le Mage (encre et collage sur papier) provenant de la galerie Pierre Matisse (New York) a été adjugé 76 682 euros chez Sotheby's, Situation XXXVII (encre et collage sur papier),12 682 euros et Paysage au salut de la fenêtre (encre sur papier), 23 362 euros chez Christie's. Parmi les sculptures monumentales réalisées dans les années 1970-1985 en epoxy/ fibre de verre/ polyurétane, deux ont atteint 504 000 euros chez Sotheby’s (New York) en novembre 2008 et 305 000 euros chez Christie’s (Paris) en décembre 2008. Récemment, dans les ventes de New York (Sotheby's), une petite Arbration II s'est vendue 180 036 euros et une monumentale Clochepoche, 580 725 euros la veille (soit le 11 novembre 2009).

Réalisée entre 1943 et 1945, la série des têtes d’Otages travaillées en haute pâte dans un matériau plastique indéfini, a assuré la célébrité de Jean Fautrier (1898-1964) alors que les tendances informelles s’annoncent dans son œuvre dès 1928 et qu’il revendique (sur Dubuffet) la priorité de l’application en relief de la peinture. Si de telles œuvres sont rares sur le marché et si, d’autre part et d’un point de vue thématique, les natures mortes sont les toiles les moins cotées de sa production dite picturale, des œuvres où la forme est à proprement parler plus « informe » et moins figurative se sont vendues 120 000 euros et 145 000 euros chez Christie’s (Paris) et Sotheby’s (Paris) en mai 2009. Sur les quatorze dessins et aquarelles mis en vente le 3 novembre dernier chez Artcurial (Paris), onze ont été vendus, tous au dessus de leur estimation basse/haute fixée entre 800 et 2 000 euros. Quant aux sculptures en bronze, leur cote se situe autour de 10 000 - 20 000 euros, avec, pour mémoire, un record atteint par une petite tête en étain (1943) appartenant à la série des Otages adjugée 150 000 mille euros chez Artcurial (Paris) en décembre 2005.


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Everyone can go to the Museum of Everything but not everything can go into museums’ collections*

La collection de ce nouveau musée donne à penser qu'il est facile de collecter l'art lorsque l'on est une institution muséale. Que nenni !

Est une collection au sens du Décret n°93-124 du 29 janvier 1993 relatif aux biens culturels soumis à certaines restrictions de circulation tout ensemble d’objets, d’œuvres, de documents dont les éléments ne peuvent être dissociés sans porter atteinte à sa cohérence et dont la valeur est supérieure à la somme des valeurs individuelles des éléments qui la composent. Il faut encore que l'ensemble offre un intérêt du point de vue de l’art, de l’histoire, de l’histoire de l’art, des civilisations ou des sciences et techniques.

Les collections privées ont par nature vocation à intégrer les collections publiques des musées. L'intérêt étant qu’une fois incorporés, les éléments de la collection deviennent inaliénables, imprescriptibles et sont frappés d'une interdiction de quitter le territoire français. L'intérêt pour le particulier qui les cède à l’acquéreur public, outre la satisfaction d'avoir contribué à l’intérêt général, est soit la réalisation d'une économie d'impôt (selon que l'acquisition procède d'un achat simple, d'une préemption, d'une dépossession au profit de l'Etat, d'une libéralité, d'une dation en paiement...) soit la garantie d'offrir aux œuvres une bonne conservation.

Le marché de l’art est-il réservé aux initiés ?

GIACOMETTI, AU MUSEE, DANS LES SALLES DE VENTES ET DEVANT LA COUR DE CASSATION

Joyeuses Fêtes artistiques !

IMPRESSIONS DE FIN D'ANNEE

SPECIAL JAPON

LA PHOTOGRAPHIE EN LIGNE DE MIRE

DES EXPERIENCES VIRTUELLES MAIS DES VENTES BIEN REELLES

LUCIAN FREUD OU L'INCONSCIENT DE LA CHAIR

MATISSE/RODIN DEUX GENIES AUX MULTIPLES TALENTS

UN BOLTANSKI MONUMENTAL

JENNY HOLZER : LIGHT AND DARKNESS

L'ART BRUT A DECOUVRIR TOUT EN DOUCEUR

DE RIO A PARIS, L'ART PARTICIPATIF DE JR, ENTRE ACTION ET ECHANGE